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                                                                                                PUJOLS SUR CIRON

Inauguration du monument aux morts en avril 1922

 

En avril, inauguration du Monument aux Morts de la Grande Guerre. Présence de M. Le Sous­Préfet, de l'Abbé Beylard, des Instituteurs M. et Mme CARRIE, de M. Le Maire accompagné de son Conseil Municipal et de nombreux pujolais. Ce monument érigé en 1921 porte les inscriptions suivantes "Hommage de Pujols-sur-Ciron à ses enfants morts pour la France". Figure sur la pierre une longue liste de noms. Vingt cinq Pujolais tombés au Champ d'Honneur.

Contenu du discours prononcé lors de cette émouvante cérémonie.

Chers Soldats, Chers Vaillants, Chers Morts.

"C'est nous les petits que vous avez laissés dans vos maisons, dans vos villages quand vous êtes partis pour prendre votre noble place dans la tourmente, c'est nous qui vous devons tant, qui venons aujourd'hui vous apporter l'hommage de notre reconnaissance et notre part de gratitude. Chers Morts, Chers Disparus, Grands Morts, Morts Héroïques, c'est en effet nous les enfants, qui vous devons le plus.

Si vous êtes partis, si vous avez souffert, si vous avez lutté, si vous avez enfin donné votre vie, n'était ce pas surtout pour que nous, vos enfants nous n'ayons pas à notre tour à subir pareille atrocité.

Vous pensiez que votre sacrifice ne serait pas vain, vous espériez en donnant votre vie écarter à jamais de notre tête un cataclysme semblable à celui qui vous a englouti vous comptiez en vous faisant tuer, tuer la guerre qui ne prendrait plus jamais vos petits et c'est pour cela surtout que vous avez si courageusement, si noblement, si magnifiquement consenti à verser votre sang.

C'est pour nous sauver que vous êtes tombés ; nous l'avons bien compris. Aussi, aujourd'hui, nous venons en signe de reconnaissance déposer pieusement au pied de cette pyramide érigée à votre mémoire quelques fleurs de nos champs de France, sœurs loin­taines de celles qui naissent et grandissent sur le sol où votre sang généreux a coulé.

Nous voulons profiter aussi de cette pieuse circonstance pour nous rappeler que d'autres soldats encore ont droit à notre reconnaissance. Ce sont ceux qui sont revenus de l'horrible lutte diminués dans leurs forces, dans leur santé ; ce sont les mutilés, les grands blessés, les grands malades. Ils ont fait le sacrifice du bien le plus précieux après leur vie, leur santé. Saluons-les bien bas, aimons-les, remercions-les.

Mais aussi à tous ceux, qui, sans avoir été frappés dans la lutte, ont enduré pendant cinq années tant de souffrances physiques et morales.

Et maintenant élevons nos âmes vers la grandeur du sacrifice consenti par tous nos aînés ; efforçons nous à être dignes d'eux.

Chaque matin en venant à l'école, chaque soir en rentrant chez nous, nos yeux se fixeront sur cette modeste pierre, symbole de tant de vaillance, de tant de dévouement. Chaque jour, notre jeune, pensée s'arrêtera un instant sur ceux qui sont tombés l'espoir au cœur, dans les tranchées bouleversées et dont le sacrifice nous aura valu la victoire.

Nous le respecterons ce Monument, image sacrée de ceux qui ne sont plus. Nous veillerons sur lui, afin, que longtemps, bien longtemps encore il rappelle à ceux qui le verront ces héros immortels qu'ils n'auront point connu. Chaque fois, notre pensée s'arrêtera sur ces heures d'angoisse et nous adresserons un souvenir pieux aux Grands Soldats de France.

Victorieux, blessés ou morts, nous vous portons dans notre cœur, nous vous portons dans nos mémoires et vous y resterez toujours.