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En
avril, inauguration du Monument aux Morts de la Grande
Guerre. Présence de M. Le SousPréfet, de l'Abbé Beylard,
des Instituteurs M. et Mme CARRIE, de M. Le Maire accompagné
de son Conseil Municipal et de nombreux pujolais. Ce
monument érigé en 1921 porte les inscriptions suivantes "Hommage
de Pujols-sur-Ciron à ses enfants morts pour
la France". Figure sur la pierre une longue liste de
noms. Vingt cinq Pujolais tombés au Champ d'Honneur.
Contenu du discours prononcé lors de
cette émouvante cérémonie.
Chers Soldats, Chers Vaillants, Chers Morts.
"C'est nous les petits que vous avez laissés dans vos
maisons, dans vos villages quand vous êtes partis pour
prendre votre noble place dans la tourmente, c'est nous qui
vous devons tant, qui venons aujourd'hui vous apporter
l'hommage de notre reconnaissance et notre part de
gratitude. Chers Morts, Chers Disparus, Grands Morts, Morts
Héroïques, c'est en effet nous les enfants, qui vous devons
le plus.
Si vous êtes partis, si vous avez souffert, si vous avez
lutté, si vous avez enfin donné votre vie, n'était ce pas
surtout pour que nous, vos enfants nous n'ayons pas à notre
tour à subir pareille atrocité.
Vous pensiez que votre sacrifice ne serait pas vain, vous
espériez en donnant votre vie écarter à jamais de notre tête
un cataclysme semblable à celui qui vous a englouti vous
comptiez en vous faisant tuer, tuer la guerre qui ne
prendrait plus jamais vos petits et c'est pour cela surtout
que vous avez si courageusement, si noblement, si
magnifiquement consenti à verser votre sang.
C'est pour nous sauver que vous êtes tombés ; nous l'avons
bien compris. Aussi, aujourd'hui, nous venons en signe de
reconnaissance déposer pieusement au pied de cette pyramide
érigée à votre mémoire quelques fleurs de nos champs de
France, sœurs lointaines de celles qui naissent et
grandissent sur le sol où votre sang généreux a coulé.
Nous voulons profiter aussi de cette pieuse circonstance
pour nous rappeler que d'autres soldats encore ont droit à
notre reconnaissance. Ce sont ceux qui sont revenus de
l'horrible lutte diminués dans leurs forces, dans leur santé
; ce sont les mutilés, les grands blessés, les grands
malades. Ils ont fait le sacrifice du bien le plus précieux
après leur vie, leur santé. Saluons-les bien bas,
aimons-les, remercions-les.
Mais aussi à tous ceux, qui, sans avoir été frappés dans la
lutte, ont enduré pendant cinq années tant de souffrances
physiques et morales.
Et maintenant élevons nos âmes vers la grandeur du sacrifice
consenti par tous nos aînés ; efforçons nous à être dignes
d'eux.
Chaque matin en venant à l'école, chaque soir en rentrant
chez nous, nos yeux se fixeront sur cette modeste pierre,
symbole de tant de vaillance, de tant de dévouement. Chaque
jour, notre jeune, pensée s'arrêtera un instant sur ceux qui
sont tombés l'espoir au cœur, dans les tranchées
bouleversées et dont le sacrifice nous aura valu la
victoire.
Nous
le respecterons ce Monument, image sacrée de ceux qui ne
sont plus. Nous veillerons sur lui, afin, que longtemps,
bien longtemps encore il rappelle à ceux qui le verront ces
héros immortels qu'ils n'auront point connu. Chaque fois,
notre pensée s'arrêtera sur ces heures d'angoisse et nous
adresserons un souvenir pieux aux Grands Soldats de France.
Victorieux, blessés ou morts, nous vous portons dans notre
cœur, nous vous portons dans nos mémoires et vous y resterez
toujours. |